Laboratoire d'étude
de la santé sexuelle

Sophie Bergeron  Ph.D

Nouvelles

Saviez-vous que l'auto-compassion pourrait être bénéfique pour les couples faisant face à la douleur lors des relations sexuelles?

Une étude récente menée dans notre laboratoire s’est penchée sur le lien entre l’auto-compassion et le bien-être de couples dont la femme souffre de douleur lors des relations sexuelles. L’auto-compassion signifie avoir de la compassion pour soi, c’est-à-dire être bienveillant envers soi-même dans les moments difficiles, comme nous le serions envers un ami. Plusieurs femmes souffrant de douleur lors des relations sexuelles rapportent avoir une image négative d’elle-même dans le contexte de la sexualité. Notre étude visait à répondre à la question suivante : est-ce que l’auto-compassion est associée à l’intensité de la douleur et au bien-être psychologique, sexuel et relationnel des deux membres du couple ?

Afin d’examiner cette question, nous avons recruté 48 femmes ayant un diagnostic de vestibulodynie provoquée et leurs partenaires. La vestibulodynie provoquée est la forme la plus fréquente de douleur lors des relations sexuelles et est caractérisée par la présence de douleur à l’entrée du vagin. Ces couples ont complété des questionnaires évaluant les symptômes anxieux et dépressifs, la détresse sexuelle et la satisfaction relationnelle, et les femmes rapportaient l’intensité de leur douleur lors des relations sexuelles.

Qu’avons-nous trouvé ?

Les résultats démontrent que, tant chez les femmes que chez leurs partenaires, des niveaux plus élevés d’auto-compassion étaient associés à moins de symptômes dépressifs et anxieux. De plus, lorsque les partenaires rapportaient plus d’auto-compassion, ils étaient aussi plus satisfaits de leur relation de couple et les deux membres du couple vivaient moins de détresse sexuelle. Cependant, le fait d’avoir davantage de compassion envers soi n’était pas associé à l’intensité de la douleur chez la femme.

Ces résultats suggèrent que l’auto-compassion est un facteur psychologique qui pourrait aider les couples à faire face à la douleur lors des relations sexuelles en diminuant ses conséquences sur leur bien-être psychologique, sexuel et relationnel. Des interventions visant à augmenter la compassion pour soi pourraient augmenter l’efficacité des traitements psychologiques pour les couples aux prises avec ce problème. Néanmoins, de futures études sont nécessaires afin de mieux comprendre le rôle de l’auto-compassion auprès de cette population.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter l’article complet.

Santerre-Baillargeon, M., Rosen, N.O., Steben, M., Pâquet, M., Macabena Perez, R., Bergeron, S. (2018). Does self-compassion benefit couples coping with vulvodynia? Associations with psychological, sexual and relationship adjustment. The Clinical Journal of Pain, 34(7), 629-637. doi: 10.1097/AJP.0000000000000579

Saviez-vous que l'anxiété pourrait être un des facteurs expliquant que les adolescentes victimes d'agression sexuelle sont plus à risque de développer de la douleur lors des relations sexuelles?

Une étude récente menée dans notre laboratoire s’est penchée sur ce qui pourrait expliquer le lien entre l’agression sexuelle durant l’enfance et le développement de douleur lors des relations sexuelles. En effet, le fait d’avoir été victime d’agression sexuelle serait un des facteurs augmentant le risque de développer ce type de douleur chronique, mais nous en savons très peu sur ce qui pourrait expliquer cette association. Dans cette étude, nous voulions savoir si des niveaux plus élevés d’anxiété chez les femmes ayant été victimes d’agression sexuelle pourraient expliquer leur plus grande propension à avoir de la douleur durant les relations sexuelles. Pour répondre à cette question, nous avons recruté 218 adolescentes actives sexuellement qui ont répondu à des questionnaires portant notamment sur l’anxiété, la douleur lors des relations sexuelles et l’historique d’abus sexuel. Ces adolescentes provenaient de 7 écoles secondaires de Montréal et des environs.

Qu’avons-nous trouvé ?

Les résultats démontrent que les adolescentes ayant été abusées sexuellement en enfance rapportaient davantage d’anxiété. De plus des niveaux plus élevés d’anxiété augmentaient leur risque de rapporter de la douleur lors des relations sexuelles. Ainsi, les résultats de cette étude suggèrent que l’anxiété pourrait être l’un des mécanismes par lequel l’abus sexuel en enfance mène à un risque plus élevé de développer de la douleur lors des relations sexuelles.

Sur le plan clinique, cette étude soutient l’importance pour les professionnels de la santé d’être conscient qu’un historique d’abus sexuel peut contribuer au développement de cette forme de douleur ayant un impact significatif sur la vie sexuelle en développement des adolescentes. De plus, des interventions ciblant spécifiquement l’anxiété pourraient être une avenue intéressante pour aider ces adolescentes.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter l’article complet.

Santerre-Baillargeon, M., Vézina-Gagnon, P., Daigneault, I., Landry, T., & Bergeron, S. (2017). Anxiety mediates the relation between childhood sexual abuse and genito-pelvic pain in adolescent girls. Journal of Sex & Marital Therapy, 43(8), 774-785. doi: 10.1080/0092623X.2016.1266539

Obtention d’une subvention IRSC portant sur la santé sexuelle des adolescents

Sophie Bergeron (Université de Montréal) et Jacinthe Dion (Université du Québec à Chicoutimi), chercheures principales sur le projet, ont obtenu une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), afin de mener une étude longitudinale auprès de 3000 adolescents provenant de deux grandes régions du Québec, soit Montréal et le Saguenay-Lac-St-Jean.

L’étude sur les précurseurs des relations sexuelles et amoureuses des jeunes (PRESAJ) a comme objectif principal de mieux comprendre la sexualité et les fréquentations amoureuses des jeunes et les défis qu’elles comportent. Les résultats nous aiderons à mieux intervenir auprès des jeunes et à les outiller plus adéquatement dans leur développement sexuel et amoureux.

Notre équipe est composée de chercheurs-es et de partenaires provenant de l’Université de Montréal (Sophie Bergeronet Isabelle Daigneault), de l’Université du Québec à Chicoutimi (Jacinthe Dion), de l’Université du Québec à Montréal (Martine HébertMartin BlaisNatacha Godbout), de l’Institut national de santé publique du Québec (Dr Marc Steben), l’Université du  New Brunswick (Lucia O’Sullivan) et de l’Université de Zagreb en Croatie (Aleksandar Stulhofer).

Saviez-vous que votre humeur quotidienne peut influencer votre douleur et votre sexualité?

Une étude récente menée dans notre laboratoire s’est intéressée à l’humeur quotidienne des couples dont la femme souffre de vestibulodynie provoquée (douleur à l’entrée du vagin pendant les relations sexuelles). Nous voulions savoir si une humeur quotidienne anxieuse ou dépressive chez les deux membres du couple pouvait influencer la perception de la douleur chez la femme et le bien-être sexuel du couple. Pour ce faire, 127 couples dont la femme a reçu un diagnostic de vestibulodynie provoquée ont complété chaque jour des journaux électroniques contenant des questions concernant l’humeur, la douleur perçue pendant les relations sexuelles, ainsi que la fonction et la détresse sexuelle des deux membres du couple.

Qu’avons-nous trouvé ?

Les résultats montrent que les jours d'activités sexuelles, lorsque les femmes se sentent plus anxieuses et déprimées, leur douleur lors des relations sexuelles est perçue comme étant plus intense, elles ont une moins bonne fonction sexuelle et elles rapportent se sentir plus en détresse par rapport à leur sexualité. Du côté des partenaires, les jours d'activités sexuelles où ils se sentent plus anxieux ou déprimés, ceux-ci rapportent plus de détresse sexuelle et les femmes aussi.

Bref, trouver des moyens favorisant la réduction des sentiments anxieux et dépressifs au quotidien chez les deux membres du couple pourrait être bénéfique pour la douleur, pour votre sexualité et pour votre couple!

Pour plus de détails nous vous invitons à consulter l’article complet:

Pâquet, M., Rosen, N.O., Mayrand, M. H., Steben, M. Santerre-Baillargeon, M., & Bergeron, S. (2018). Daily anxiety and depressive symptoms in couples coping with vulvodynia: Associations with women's pain, women's sexual function and both partners' sexual distress. Journal of Pain.
doi : 10.1016/j.jpain.2017.12.264


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