ÉQUIPE SCOUP 
Sexualité et Couple

Sophie Bergeron  Ph.D

Nouvelles SCOUP

Saviez-vous que les couples qui consultent en thérapie conjugale rapportent plus de difficultés sexuelles que les couples de la population générale?

Il est maintenant reconnu que le bien-être sexuel est lié à la satisfaction conjugale et à la qualité de vie. C’est pourquoi les difficultés sur le plan sexuel constituent souvent une raison pour consulter en thérapie conjugale. Toutefois, bien que la sexualité soit intimement liée à la satisfaction conjugale, on en connaît encore très peu sur le bien-être sexuel des couples qui consultent en thérapie. Une recherche menée dans le laboratoire de Katherine Péloquin a brossé un portrait du bien-être sexuel de ces couples. Plus spécifiquement, cette recherche a examiné les problèmes sexuels qu’ils vivent et leur satisfaction sexuelle, en plus d’examiner la contribution de l’ajustement dyadique et des problèmes sexuels pour mieux comprendre la satisfaction sexuelle de chaque partenaire. Pour ce faire, 298 couples de sexes/genres mixtes suivis en thérapie conjugale ont complété des questionnaires portant sur l’ajustement dyadique, la satisfaction sexuelle et le fonctionnement sexuel (désir, excitation, capacité d’érection/lubrification, orgasme et satisfaction).

Qu’avons-nous trouvé?

Nous avons trouvé que chez 30% des couples, au moins un des deux partenaires rapportait un problème sexuel cliniquement significatif, ce qui est bien au-delà de ce que l’on retrouve dans la population générale. Les problèmes de désir sexuel étaient les problèmes rencontrés le plus souvent par les hommes (26%) et les femmes (54%). Ces couples rapportaient aussi un niveau de satisfaction sexuelle plus faible que les couples de la population générale. Enfin, les femmes rapportaient plus de problèmes sexuels et une satisfaction sexuelle plus faible que leur partenaire.

Nos résultats montrent aussi que l’ajustement dyadique et les problèmes sexuels sont associés à la satisfaction sexuelle. Plus spécifiquement, un problème sexuel chez l’un des partenaires est associé à une satisfaction sexuelle plus faible chez les deux partenaires. Un ajustement dyadique plus faible chez un partenaire, quant à lui, était associé à la satisfaction sexuelle de cet individu, mais pas à celle de son partenaire. Enfin, nous avons trouvé que les deux partenaires rapportent une satisfaction sexuelle plus élevée lorsqu'ils rapportent tous les deux un problème sexuel ou lorsqu'aucun des deux n'en rapportent. Par contre, ils sont tous les deux plus insatisfaits sexuellement lorsqu’il y a un écart dans le fonctionnement sexuel des deux partenaires. Dans l’ensemble, ces résultats soulignent l’importance pour les thérapeutes conjugaux d’évaluer et de traiter directement les difficultés liées au bien-être sexuel puisque celles-ci s’avèrent fréquentes et n’apparaissent pas découler uniquement de l’insatisfaction conjugale.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

Péloquin, K., Byers, E. S., Callaci, M., & Tremblay, N. (2019). Sexual portrait of couples seeking relationship therapy. Journal of Marital and Family Therapy, 45(1), 120-133. https://doi.org/10.1111/jmft.12328

La thérapie de couple pourrait aider à réduire le désengagement conjugal chez les deux partenaires

Il est reconnu que la thérapie de couple réduit la détresse relationnelle, mais à ce jour, aucune étude ne s’était intéressée à l’effet de la thérapie conjugale sur le désengagement conjugal. Le désengagement conjugal se définit comme un processus de détachement émotionnel, qui se produit lorsqu’une distance s’installe avec le/la partenaire amoureux(se) et que l’individu devient plus indifférent envers son/sa partenaire (trad. libre, Barry, Lawrence & Langer, 2008). Une étude menée au Laboratoire d’étude du couple s’est intéressée au désengagement conjugal chez les couples suivant une thérapie de couple. Des questionnaires ont été remplis par 163 couples de sexes/genres mixtes à deux reprises, soit au début de la thérapie puis lors d’un suivi 15 semaines plus tard. Les insécurités d’attachement (anxiété d’abandon, évitement de l’intimité) ont aussi été évaluées pour évaluer leur rôle dans l’évolution du désengagement conjugal au fil de la thérapie.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nos résultats montrent que pour les deux partenaires, le désengagement conjugal diminue significativement entre le début de la thérapie et 15 semaines plus tard, c’est-à-dire que la thérapie de couple permettrait aux deux partenaires de ressentir moins de détachement émotionnel envers leur partenaire. 

Concernant l’attachement, les résultats diffèrent entre les hommes et les femmes. Les hommes présentant de l’évitement de l’intimité (inconfort dans l’intimité et distance émotionnelle) éprouvent davantage de désengagement conjugal lors du suivi de 15 semaines que ceux en présentant peu ou pas du tout. De plus, les hommes dont la partenaire présente de l’anxiété sur le plan de l’attachement (doutes quant à sa valeur personnelle et peur d’être rejetée par son partenaire) éprouvent davantage de désengagement conjugal lors du suivi de 15 semaines, comparativement aux hommes dont la partenaire rapporte peu ou pas d’anxiété liée à l’attachement.

Ces résultats suggèrent donc que la thérapie de couple pourrait être efficace pour réduire le désengagement conjugal chez les deux partenaires. Cependant, puisque les résultats montrent que les hommes présentent davantage de désengagement lors du suivi lorsqu’eux ou leur conjointe présentent des insécurités d’attachement, les auteurs suggèrent de s’intéresser aux styles d’attachement des deux partenaires lors de la thérapie de couple afin de réduire leur niveau de désengagement conjugal.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

Callaci, M., Vaillancourt-Morel, M.-P., Labonté, T., Brassard, A., Tremblay, N., & Péloquin, K. (2020) Attachment Insecurities Predicting Romantic Disengagement Over the Course of Couple Therapy in a naturalistic setting. Couple and Family Psychology: Research and Practice.

Saviez-vous que l’attachement chez les femmes avec de la douleur génito-pelvienne peut influencer la perception qu’elles ont de leur partenaire?

Notre étude s’est intéressée à l’influence de l’attachement dans les interactions des couples entourant les relations sexuelles lorsque la femme souffre de vestibulodynie provoquée (douleur à l’entrée du vagin pendant les relations sexuelles). Nous voulions savoir si les préoccupations d’attachement (peur de l’intimité, anxiété liée à l’idée de perdre son partenaire) seraient liées à la façon dont les partenaires réagissent à la douleur, mais aussi si elles affecteraient la perception que les femmes ont des réactions de leur partenaire. Nous avons donc recruté 125 couples, chez lesquels la femme a reçu un diagnostic de vestibulodynie provoquée, pour compléter des questionnaires portant sur leurs insécurités d’attachement, les réponses habituelles des partenaires à la douleur (hostilité, réconfort, etc.), la perception des femmes de ces réponses, et des indicateurs de bien-être sexuel et relationnel.

Et qu’avons-nous trouvé?

Nos résultats démontrent que plus les femmes sont préoccupées par l’idée de perdre leur partenaire ou sont inconfortables avec l’intimité, plus elles perçoivent que leur partenaire les ignore ou est hostile envers elles lorsqu’elles expriment de la douleur pendant les relations sexuelles. Nous observons aussi que les partenaires qui rapportent une peur d’être abandonnés se disent plus hostiles envers leur conjointe qui rapporte de la douleur, tandis que ceux qui ont un plus grand inconfort avec l’intimité rapportent moins initier d’échanges positifs (p.ex., embrasser, rassurer, etc.) dans ce contexte. Ces enjeux entourant l’attachement chez les deux membres du couple sont en retour associés à une plus grande détresse sexuelle et à une plus faible satisfaction sexuelle et relationnelle, autant chez les femmes avec la vestibulodynie provoquée que chez leur partenaire.

En somme, ces résultats démontrent que les insécurités d’attachement sont associées à la façon dont les couples se perçoivent et interagissent, ce qui en retour est lié à l’ajustement du couple face à la douleur génito-pelvienne. Les enjeux d’attachement pourraient donc être une cible de traitement pour les couples qui souhaitent entreprendre une thérapie de couple pour cette problématique!

Pour de plus amples détails, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Charbonneau-Lefebvre, V., Rosen, N. O., Bosisio, M., Vaillancourt-Morel, M.-P., & Bergeron, S. (2020). An attachment perspective on partner responses to genito-pelvic pain and their associations with relationship and sexual outcomes. The Journal of Sex Research. https://doi.org/10.1080/00224499.2020.1761936

Saviez-vous que les adultes qui ont vécu de la négligence à l'enfance tendent à développer des difficultés identitaires, qui en retour sont associées à des préoccupations sur le plan sexuel ainsi que des comportements sexuels problématiques?

Un nombre grandissant d’études suggère que la négligence en enfance est associée à un large éventail de difficultés psychologiques et interpersonnelles à l’âge adulte incluant un attachement insécurisant, des difficultés à former et maintenir des relations intimes, la solitude et une faible estime de soi. Or, nous en savons très peu sur la sexualité des gens qui ont vécu de la négligence durant l’enfance. Une récente étude menée par Noémie Bigras, stagiaire postdoctorale et Myriam Bosisio, étudiante au doctorat dans notre laboratoire ainsi que d’autres collègues SCOUP a examiné les associations entre la négligence, les difficultés identitaires et la sexualité adulte, en s’intéressant spécialement au rôle médiateur que peut jouer les difficultés identitaires au sein de cette relation. De plus, puisque les difficultés sexuelles sont fréquemment associées avec l’agression sexuelle durant l’enfance, nous avons contrôlé pour la présence de ce trauma dans les analyses et avons émis l’hypothèse que la négligence contribuerait aux difficultés sexuelles au-delà des effets de l’agression sexuelle.

Pour mener leur étude, 374 adultes de la population générale ont été recrutés et ont complété une batterie de questionnaires en ligne portant sur leur enfance, leur ajustement psychologique et leur fonctionnement conjugal et sexuel.

Qu’avons-nous trouvé?

Les taux de négligence étaient plus importants dans notre échantillon que ce qui est généralement observé dans d’autres études. Les analyses ont révélé que la négligence était associée à plus de difficultés identitaires, qui en retour, étaient corrélées à davantage de préoccupations sur le plan sexuel et de comportements sexuels dysfonctionnels. Les associations entre la négligence et les difficultés sexuelles demeuraient significatives même lorsque l’agression sexuelle était prise en compte, démontrant que les traumas de nature sexuelle ne sont pas les seuls à expliquer le développement de conséquences sexuelles à l’âge adulte. Puisque les comportements et les affects sexuels sont susceptibles d’être influencés par le statut relationnel, nous avons contrôlé pour son effet dans les analyses. Tel qu’attendu en se basant sur les études précédentes, les résultats ont révélé qu’être célibataire était associé à plus de comportements sexuels dysfonctionnels.

Les résultats mettent en lumière l’importance de considérer les difficultés identitaires des gens qui ont vécu de la négligence durant l’enfance et qui sont aux prises avec des problèmes de nature sexuelle. Nos résultats suggèrent aussi l’importance d’investiguer non seulement la présence de traumas sexuel mais aussi une histoire de négligence lorsque les gens consultent pour des difficultés sexuelles. Favoriser un meilleur sens identitaire en thérapie pourrait permettre aux hommes et aux femmes de reconnaître plus facilement leurs préférences sexuelles et leurs limites, exiger leur droit au plaisir sexuel, acquérir suffisamment de confiance en soi pour communiquer leurs besoins sexuels et leurs intérêts et éventuellement, diminuer la présence de préoccupations sexuelles et de comportements sexuels dysfonctionnels.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

Bigras, N., Bosisio, M., Daspe, M.-E., & Godbout, N. (2020). Who am I and what do I need? Identity difficulties as a mechanism of the link between childhood neglect and adult sexual disturbances. International Journal of Sexual Health. Prépublication. https://doi.org/10.1080/19317611.2020.1796881

Quelques liens entre la sursexualisation, l’attachement amoureux et l’intimité

Une étude récente s’est penchée sur la sursexualisation et ses implications relationnelles. Alors que depuis quelques années, le thème de l’hypersexualisation des mineurs se retrouve à la une des tribunes québécoises et internationales, la sursexualisation concerne plutôt les jeunes adultes. Ce phénomène implique une identité et des conduites fortement influencées par les messages sexualisés des médias, une apparence objectifiée ainsi qu’une tendance à avoir des relations interpersonnelles axées sur la séduction et la sexualité. Cette étude pose la question suivante: comment l’attachement et l’intimité amoureux sont-ils associés à l’adoption de conduites sursexualisées? Pour y répondre, 494 femmes et 93 hommes âgés de 18 à 29 ans ont rempli des questionnaires en ligne évaluant la sursexualisation, l’attachement amoureux et l’intimité.

Que disent les résultats?

En ce qui concerne l’attachement, les résultats indiquent que l’attachement de type anxieux est lié à plusieurs conduites sursexualisées, telles que le surinvestissement de l’apparence sexualisée, l’objectification et la sexualité basée sur la performance. Cette dernière association est d’ailleurs plus forte chez les hommes. L’attachement de type évitant est lié à la séduction et à un plus faible sens accordé à la sexualité. Par ailleurs, le fait d’adopter un discours sexualisé est associé à une meilleure perception de l’intimité émotionnelle, sociale, sexuelle et récréative. Accorder un sens intime à sa sexualité est aussi relié à une meilleure intimité globale. À l’inverse, l’objectification est liée à une plus faible intimité récréative (loisirs partagés en couple), l’attitude séductrice à une plus faible intimité émotionnelle et le fait de surinvestir son apparence sexualisée à une plus faible intimité sexuelle.

En somme, les conduites sursexualisées sont liées à plusieurs aspects des relations intimes, et ce, d’une manière parfois différente chez les hommes et les femmes.

Pour en savoir plus, consultez l’article complet :

Brassard, A., Perron-Laplante, J., Lachapelle, É., de Pierrepont, C., & Péloquin, K. (2018). Oversexualization among emerging adults: Preliminary associations with romantic attachment and intimacy. Canadian Journal of Human Sexuality, 27(3), 235–247. doi: 10.3138/cjhs.2017-0031

Saviez-vous que plus de 60% des adolescents ont déjà eu leur première expérience avec la pornographie à l'âge de 14 ans?

Une étude récente menée dans notre laboratoire a examiné les caractéristiques de l'utilisation de la pornographie chez des adolescents hétérosexuels, cisgenres (HC) et chez des adolescents de minorités sexuelles et de genre (MSG). Cette étude a été menée dans le cadre d'une étude longitudinale bicentrique canadienne, portant sur la santé sexuelle des adolescents et financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (chercheurs principaux : Dre Bergeron et Dre Dion).

La facilité d'accès à la pornographie a rendu son utilisation courante chez les adolescents. Bien que les adolescents de MSG soient plus enclins à utiliser la pornographie pour rechercher des informations liées à l'orientation sexuelle ou en raison de la rareté des partenaires romantiques ou sexuels potentiels, on a relativement peu prêté attention aux caractéristiques de leur utilisation de pornographie. Dans cette étude, nous avons examiné et comparé l'utilisation de la pornographie chez les adolescents de MSG et les adolescents HC au cours de leur vie, leur âge lors de leur première utilisation de pornographie et leur fréquence d'utilisation de pornographie au cours des trois derniers mois. Nous avons travaillé avec plus de 2800 adolescents en neuvième année (secondaire 3). Nous leur avons demandé de remplir un questionnaire anonyme sur leur santé sexuelle, comprenant des questions sur leur utilisation de pornographie.

Qu’avons-nous trouvé?

Selon nos résultats, 88 % des garçons HC, 78 % des garçons de MSG, 54 % des filles de MSG, 39 % des filles HC et 29 % des individus non binaires de MSG ont déclaré avoir déjà regardé de la pornographie avant l'âge de 14 ans. Les filles de MSG ont indiqué un âge considérablement plus jeune lors de leur première utilisation de pornographie (12,3 ans en moyenne) que les filles HC (12,9 ans en moyenne). Cependant, cette différence n'était pas significative chez les garçons, car ils ont commencé à regarder de la pornographie à l'âge de 11,6 et 11,9 ans en moyenne. Les garçons de MSG ont déclaré la plus grande fréquence d'utilisation de pornographie, avec une utilisation de plusieurs fois par semaine. En revanche, les filles HC ont déclaré la plus faible fréquence de consommation de pornographie, avec une utilisation inférieure à une fois par mois.

En résumé, environ deux tiers des adolescents ont acquis leur première expérience avec la pornographie avant l'âge de 14 ans et 52 % ont déclaré l'avoir utilisée une fois par semaine ou plus au cours des trois derniers mois. Ces résultats nous indiquent que l’utilisation de la pornographie pourrait jouer un rôle important dans le développement sexuel des adolescents HC et de MSG. Les caractéristiques d'utilisation de pornographie par les garçons HC et de MSG présentent des similitudes, tandis que les habitudes de consommation des filles HC et de MSG présentent certaines différences. Les différences entre les genres en ce qui concerne l'utilisation de la pornographie semblent être robustes, et ce, quel que soit le statut de MSG. De plus, nos conclusions suggèrent que les informations sur la sexualité normative des personnes de MSG peuvent être insuffisantes dans les programmes d'éducation sexuelle actuels; par conséquent, les adolescents de MSG peuvent essayer de trouver des informations dans du matériel pornographique.

Pour plus de détails, nous vous invitons à lire l’article complet :

Bőthe, B., Vaillancourt-Morel, M. P., Girouard, A., Štulhofer, A., Dion, J., & Bergeron, S. (2020). A Large-Scale Comparison of Canadian Sexual/Gender Minority and Heterosexual, Cisgender Adolescents’ Pornography Use Characteristics. Journal of Sexual Medicine, 17(6), 1156-1167. https://doi.org/10.1016/j.jsxm.2020.02.009

Financement : Ce travail a été financé par une bourse postdoctorale de l'Équipe SCOUP - Sexualité et Couples - Fonds de recherche du Québec, Société et Culture, accordée à B. Bőthe et par une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada accordée à S. Bergeron et J. Dion.

Saviez-vous que l’agression sexuelle en enfance est associée à un plus faible sentiment d’auto-efficacité sexuelle chez les adolescents.es et que la tendance des survivants.es à taire leur identité pourrait jouer un rôle?

L’auto-efficacité sexuelle, qui se définit par la croyance d’un individu en sa capacité à s’engager ou à refuser des activités sexuelles et à contrôler le contexte de ces activités, est un élément important du développement des adolescents. Des lacunes dans le développement de cette capacité pourraient placer les adolescents à risque d’expériences sexuelles négatives, de grossesses ou d’infections transmises sexuellement. Même si nous savons que l’agression sexuelle à l’enfance peut affecter la sexualité des adolescents, comment ce trauma pourrait affecter le sentiment d’auto-efficacité sexuelle des adolescents demeure sous-étudié.

Une de nos études récentes s’est intéressée aux effets négatifs de la sévérité de l’agression sexuelle à l’enfance sur l’auto-efficacité sexuelle des adolescents. Dans cette étude, nous voulions savoir si la tendance à taire son identité et ses besoins lorsqu’en relation de couple pourrait expliquer l’association entre la sévérité de l’agression sexuelle en enfance et l’auto-efficacité sexuelle des adolescents.

Cette étude fait partie d’un vaste projet de recherche dans lequel 1078 adolescents ont été recrutés pour une étude longitudinale dans laquelle la sévérité de l’agression sexuelle en enfance a été mesurée au temps 1, la tendance à taire son identité 6 mois plus tard et l’auto-efficacité sexuelle un an et demi plus tard.

Qu’avons-nous trouvé?

Le résultat principal démontre que la tendance à taire son identité dans les relations amoureuses joue un rôle médiateur dans l’association négative entre la sévérité de l’agression sexuelle en enfance et l’auto-efficacité sexuelle chez les adolescents. Ainsi, la tendance des survivants d’agression sexuelle en enfance à ne pas exprimer leurs besoins et leurs désirs dans leur relation amoureuse est liée à leurs difficultés à être confiant dans leur capacité à mettre des limites dans des situations sexuelles. 

Les théories du trauma peuvent nous permettre de mieux comprendre ces associations, car l’agression sexuelle en enfance pourrait nuire au développement de l’identité des victimes. Des programmes de prévention et d’intervention qui prônent le renforcement d’une identité intégrée dans les relations intimes pourraient aider à promouvoir des stratégies d’affirmation de soi dans les situations sexuelles.

Pour plus de détails, nous vous invitons à lire l’article complet :

Vaillancourt-Morel, M.-P., Bergeron, S., Blais, M., & Hébert, M. (2019). Longitudinal associations between childhood sexual abuse, silencing the self, and sexual self-efficacy in adolescents. Archives of Sexual Behavior, 48(7), 2125-2135. doi: 10.1007/s10508-019-01494-z

Saviez-vous la satisfaction relationnelle et sexuelle influence la perception de perte de contrôle face à l’utilisation de pornographie?

Une étude récente de Marie-Ève Daspe, Marie-Pier Vaillancourt-Morel et Yvan Lussier, de l’équipe SCOUP, a examiné les associations entre la fréquence d’utilisation de la pornographie, la perception de perte de contrôle face à l’utilisation de la pornographie et la satisfaction relationnelle et sexuelle.

Au total, 1 036 participants en couple âgés de 18 à 55 ans ont complété des questionnaires en ligne sur leur utilisation de pornographie et sur leur fonctionnement relationnel.

Qu’avons-nous trouvé?

Nos résultats ont démontré qu’une plus grande fréquence d’utilisation de pornographie est associée à la perception de perte de contrôle par rapport à cette utilisation (c.-à-d., difficulté à contrôler une forte envie, même dans des moments inappropriés ou difficulté à arrêter ou diminuer ce comportement).

Nous avons également observé que la fréquence d’utilisation de pornographie et la perception de perte de contrôle sont plus fortement liées lorsque la satisfaction relationnelle et sexuelle est plus basse. Ainsi, chez les participants rapportant une faible satisfaction relationnelle et sexuelle, la fréquence d’utilisation de pornographie était accompagnée d’un plus grand sentiment de perte de contrôle que chez les participants satisfaits au plan relationnel et sexuel.

Nos résultats suggèrent que l’insatisfaction relationnelle et sexuelle place l’individu à risque de ressentir une perte de contrôle face à son utilisation de pornographie. Ceci pourrait être expliqué par l’utilisation de pornographie comme stratégie de réduction de la détresse et des émotions négatives générées par ces insatisfactions.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Daspe, M.-È., Vaillancourt-Morel, M.-P., Lussier, Y., Sabourin, S., & Ferron, A. (2018). When pornography use feels out of control: The moderation effect of relationship and sexual satisfaction. Journal of Sex & Marital Therapy, 44(4), 343-353. doi: 10.1080/0092623X.2017.1405301

Connaissez-vous les impacts que peut avoir votre utilisation de Facebook sur votre relation amoureuse?

Deux études récentes de Marie-Ève Daspe, Marie-Pier Vaillancourt-Morel et Yvan Lussier, de l’équipe SCOUP, ont examiné les associations entre l’utilisation de Facebook, la jalousie et la violence dans les relations amoureuses chez les adolescents et les jeunes adultes.

Dans la première étude, 1 508 adolescents et jeunes adultes en couple ont répondu à des questionnaires portant sur la fréquence d’utilisation de Facebook, la jalousie quant au contenu concernant le partenaire sur Facebook et la violence au sein de la relation amoureuse.

Dans la deuxième étude, 46 couples âgés de 14 à 25 ans ont rempli des questionnaires afin d’examiner les associations entre la jalousie sur Facebook et la violence selon le point de vue des deux partenaires.

Qu’avons-nous trouvé?

Nos résultats ont mis en évidence qu’une utilisation plus fréquente de Facebook est associée à plus de jalousie quant au contenu concernant le partenaire sur Facebook et, en retour, celle-ci est associée à la perpétration de violence.

Nous avons toutefois constaté que la jalousie sur Facebook est associée à la perpétration de violence seulement lorsque les deux partenaires présentent de hauts niveaux de jalousie. Ceci pourrait entraîner des conflits plus importants qui mènent à des comportements violents.

Ainsi, nos résultats suggèrent que la jalousie sur Facebook est un facteur de risque de perpétrer de la violence dans les relations amoureuses, particulièrement chez les couples où la jalousie est fortement présente. Nos résultats soulignent donc l’importance de sensibiliser les jeunes face à leur utilisation des réseaux sociaux et à ses impacts potentiels sur leur relation amoureuse.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Daspe, M.-È., Vaillancourt-Morel, M.-P., Lussier, Y., & Sabourin, S. (2018). Facebook use, Facebook jealousy, and intimate partner violence perpetration. Cyberpsychology, Behavior, and Social Networking, 21(9), 549-555.

Saviez-vous que la présence attentive diminue la gravité des symptômes dépressifs pour les adultes consultant en sexologie clinique ayant vécu des expériences cumulées de traumas à l’enfance?

Une étude en cours menée par l’Unité de recherche et d’intervention sur le trauma et le couple (TRACE) dirigée par Natacha Godbout s’attarde aux réalités d’adultes qui consultent des stagiaires en sexologie clinique dans divers milieux de pratique à travers la province de Québec. Cet article explore le rôle de la pleine conscience et des symptômes dissociatifs dans le lien qui unit l'accumulation de traumas interpersonnels vécus à l'enfance et les symptômes dépressifs à l'âge adulte.

Un total de 234 adultes qui ont consulté un(e) stagiaire en sexologie clinique pour des difficultés sexuelles et/ou relationnelles ont complété des questionnaires au début de leur processus thérapeutique qui évaluaient leurs expériences de traumas à l’enfance, leur disposition à la présence attentive, les symptômes dissociatifs et dépressifs.

Qu'avons-nous trouvé?

Nous avons constaté un fort lien entre les expériences cumulées de traumas à l’enfance et les symptômes dépressifs à l'âge adulte, où les victimes de traumas cumulatifs ont rapporté davantage de symptômes dépressifs que les non-victimes. D’autre part, les résultats ont montré qu’un niveau plus élevé de symptômes dissociatifs et une plus faible disposition à la présence attentive constituaient tous deux des mécanismes expliquant le niveau accru de symptômes dépressifs chez les victimes de traumas cumulatifs. Ainsi, la présence attentive semble être une variable clé pour réduire les symptômes dépressifs.

En somme, nos résultats suggèrent que la présence attentive pourrait réduire les symptômes dépressifs d’individus consultant pour des difficultés sexuelles et/ou relationnelles, en particulier les personnes ayant vécu des expériences cumulées de trauma à l’enfance.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Bolduc, R., Bigras, N., Daspe, M. È., Hébert, M. et Godbout, N. (2018). Childhood cumulative trauma and depressive symptoms in adulthood: The role of mindfulness and dissociation. Mindfulness, 9(5), 1594-1603.

Saviez-vous que l'exposition précoce à la violence est liée à la violence envers un partenaire amoureux et à la satisfaction conjugale?

Une étude récente menée par Natacha Godbout et Marie-Ève Daspe, de l’équipe SCOUP, a examiné les associations entre l'exposition précoce à la violence familiale, la perpétration de la violence dans une relation de couple et la satisfaction conjugale. Ces associations ont été examinées au cours de la période critique de l'adolescence et du début de l’âge adulte, lors de laquelle l’individu forme sa première compréhension d'une relation amoureuse.

Cette étude a débuté au Temps 1 avec 1 252 adolescents ayant répondu à des questionnaires concernant l’exposition à la violence familiale, l’attachement insécurisant (c.-à-d., présence de crainte de l'abandon et d'évitement de l'intimité), la violence conjugale perpétrée et la satisfaction conjugale. Au Temps 2, trois ans plus tard, 234 participants ont répondu à un questionnaire de suivi.

Qu'avons-nous trouvé?

Nous avons constaté que l'exposition précoce à la violence familiale prédit la présence de violence conjugale dans les relations ultérieures de façon directe et indirecte. En effet, les participants exposés à la violence présentaient une plus grande peur de l'abandon et, en retour, un risque de violence conjugale plus élevé. Nos résultats ont également mis en évidence le fait que l'évitement de l'intimité était associé à une plus grande détresse dans les relations conjugales.

Nos résultats suggèrent que l'exposition précoce à la violence est un facteur important à prendre en compte pour les couples présentant de la violence conjugale. Les résultats soulignent également l'importance de cibler les insécurités d'attachement telles que la peur de l'abandon et l'évitement de l'intimité, afin d'aider les jeunes adultes à vivre des relations amoureuses plus satisfaisantes et sans violence.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Godbout, N., Daspe, M.-È., Lussier, Y., Sabourin, S., Dutton, D., et Hébert, M. (2017). Early exposure to violence, relationship violence, and relationship satisfaction in adolescents and emerging adults: The role of romantic attachment. Psychological Trauma: Theory, Research, Practice, and Policy, 9(2), 127-137. Epub 2016 http://dx.doi.org/10.1037/tra0000136

Saviez-vous que le genre affecte la manière dont la maltraitance parentale dans l'enfance contribue au développement de symptômes liés au trouble de personnalité limite?

Une étude récente menée par Natacha Godbout et Marie-Ève Daspe, de l’équipe SCOUP, en collaboration avec l’Université de Victoria, a examiné la maltraitance en enfance engendrée par les figures paternelles et maternelles, ainsi que la présence d’un attachement insécurisant (c.-à-d., présence de peur de l’abandon et/ou d'évitement de l'intimité) en relation avec les symptômes liés au trouble de personnalité limite (TPL).

954 participants adultes ont répondu à des sondages anonymes sur la maltraitance pendant l'enfance, l'attachement insécurisant et les symptômes de TPL.

Qu'avons-nous trouvé?

Nous avons constaté qu'il existe des différences entre la manière dont les expériences de maltraitances causées par le père ou la mère affectent les hommes et les femmes. Les deux sources de maltraitance étaient directement associées aux symptômes liés au TPL chez les femmes, alors que chez les hommes, seule la maltraitance de la part du père était directement liée aux symptômes de TPL. De plus, la maltraitance causée par le père était associée aux symptômes de TPL chez les femmes qui présentent une crainte de l'abandon, mais pas chez celles qui présentent de l'évitement de l'intimité. Enfin, la maltraitance causée par la mère était indirectement associée aux symptômes de TPL chez les hommes qui présentent une crainte de l'abandon, mais pas chez ceux qui présentent de l'évitement de l'intimité.

Nos résultats suggèrent que la maltraitance père – fille et mère – fils est un facteur prédictif des symptômes liés au TPL, à travers le développement d'un attachement insécurisant. Ces résultats soulignent l’importance d'adresser les traumatismes et l’attachement, ainsi que de considérer l'influence potentielle du genre dans les démarches thérapeutiques concernant les individus souffrant de symptômes liés au TPL.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Godbout, N., Daspe, M.-E., Runtz, M., Cyr, G., et Briere, J. (2019). Childhood maltreatment, attachment, and borderline personality-related symptoms: Gender-specific structural equation models. Psychological Trauma: Theory, Research, Practice, and Policy, 11(1), 90-98. Open access: http://dx.doi.org/10.1037/tra0000403

Saviez-vous que le blâme entraîne des effets sur les couples en traitement de fertilité?

Une récente étude réalisée par le laboratoire d’Étude du couple dirigé par Katherine Péloquin s’est intéressée au rôle de l'auto-blâme et du blâme envers le partenaire pour expliquer l'ajustement psychologique et relationnel chez les couples présentant un problème de fertilité. Cette étude a utilisé une approche dyadique pour explorer les liens entre le fait de se blâmer et le fait de blâmer son partenaire ainsi que les symptômes de dépression et d’anxiété, de même que la satisfaction conjugale. Au total, 279 couples ayant des problèmes de fertilité ont été recrutés par leur gynécologue lors de leur première visite dans deux cliniques de fertilité situées dans les environs de Montréal et ont été interrogés sur plusieurs facteurs, notamment dans quelle mesure ceux-ci se blâmaient ou blâmaient leur partenaire pour leurs difficultés à concevoir.

Qu’avons-nous trouvé?

Se sentir responsable : Les résultats démontrent que lorsque la personne se sent responsable (auto-blâme) des problèmes de fertilité du couple, elle rapporte davantage de symptômes de dépression et d’anxiété, de même que moins de satisfaction dans son couple.

De plus, lorsque la femme se sent responsable des problèmes de fertilité, son partenaire rapporte davantage de symptômes dépressifs et anxieux.

Blâmer son partenaire : Lorsque les femmes blâment leur partenaire pour l’infertilité du couple, elles ressentent plus de symptômes de dépression et d’anxiété, en plus d’être moins satisfaites dans leur relation de couple. Le fait de blâmer son partenaire peut entraîner une plus faible satisfaction conjugale chez ce dernier.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Péloquin, K., Brassard, A., Arpin, V., Sabourin, S., & Wright, J. (2018). Whose’ fault is it? Blame predicting psychological adjustment and couple satisfaction in couples seeking fertility treatment. Journal of Psychosomatic Obstetrics & Gynecology, 39(1), 64-72. doi:10.1080/0167482X.2017.1289369

Une nouvelle intervention de groupe destinée aux couples en traitement de fertilité serait efficace pour réduire le stress lié à l’infertilité.

Une récente recherche menée dans le Laboratoire d’étude du couple de Katherine Péloquin, en collaboration avec Audrey Brassard, s’est intéressée à l’efficacité que pourrait avoir une intervention de groupe destinée aux couples en traitement de fertilité. Nous voulions savoir si une intervention psychologique offerte sous forme de rencontres de groupe permettrait de réduire chez ces couples les impacts négatifs des traitements de fertilité, réduire les symptômes dépressifs et anxieux, puis augmenter la qualité de vie. Pour ce faire, 29 couples ont complété des questionnaires portant sur les conséquences psychologiques, conjugales et sexuelles des traitements de fertilité avant l’intervention de groupe et après celle-ci.

Qu’avons-nous trouvé?

Cette recherche soutient l’efficacité préliminaire de l’intervention pour…

• Réduire les symptômes d’anxiété et de dépression,
• Augmenter la qualité de vie, et
• Renforcer la relation de couple des hommes et des femmes qui y participent.

Nous poursuivons nos travaux pour établir l’efficacité de cette nouvelle intervention !

Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Arpin, V., Brassard, A., El Amiri, S. & Péloquin, K. (2019): Testing a New Group Intervention for Couples Seeking Fertility Treatment: Acceptability and Proof of Concept, Journal of Sex & Marital Therapy, https://doi.org/10.1080/0092623X.2018.1526836

Saviez-vous que l’attachement est lié au fonctionnement sexuel chez les couples en traitement de fertilité?

Il est maintenant reconnu que les difficultés sexuelles sont communes en contexte d’infertilité, mais les facteurs liés à ces difficultés demeurent méconnus. Une recherche menée dans le laboratoire de Katherine Péloquin s’est intéressée aux difficultés sexuelles chez les femmes et les couples en traitement de fertilité. Plus précisément, cette recherche s’est penchée sur les liens entre les insécurités d’attachement (d’abandon et d’évitement de l’intimité) chez les couples et leur fonctionnement sexuel (problèmes sexuels et insatisfaction sexuelle). Pour ce faire, 88 femmes et 45 couples en traitement de fertilité ont complété des questionnaires portant sur l’attachement et le fonctionnement sexuel adulte (désir, excitation, capacité d’érection/lubrification, orgasme, satisfaction et douleur sexuelle).

Qu’avons-nous trouvé?

Nous avons trouvé qu’un peu plus de la moitié des femmes vivraient des difficultés sexuelles (ex., faible désir, difficultés d’excitation, insatisfaction) pendant les traitements de fertilité alors que ce chiffre s’élève à un peu plus du quart chez les hommes.

Nos résultats montrent également que l’insécurité sur le plan de l’attachement est liée à la fonction sexuelle des hommes et des femmes. En effet, l’évitement de l’intimité chez la femme (inconfort dans l’intimité et distance émotionnelle) est associé à plus d’insatisfaction sexuelle et à la douleur pendant les relations sexuelles. Chez l’homme, l’anxiété d’abandon (doutes quant à sa valeur personnelle et peur d’être rejeté par sa partenaire) est liée à des difficultés érectiles et des difficultés à atteindre l’orgasme, alors que l’évitement de l’intimité est lié à des difficultés à atteindre l’orgasme chez sa conjointe.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

Purcell-Lévesque, C., Brassard, A., Carranza-Mamane, B., & Péloquin, K. (2019). Attachment and sexual functioning in women and men seeking fertility treatment. Journal of Psychosomatic Obstetrics & Gynecology, 40(3), 202-210. https://doi.org/10.1080/0167482X.2018.1471462.

Obtention d’une subvention CRSH portant sur le bien-être conjugal et sexuel des couples lors de la transition à la parentalité

Audrey Brassard (Université de Sherbrooke), chercheuse principale sur le projet, a obtenu une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), afin de mener une étude longitudinale auprès de 150 couples canadiens attendant l’arrivée de leur premier enfant.

L’étude sur la transition à la Parentalité : le Soutien, la Sexualité, l’Attachement, la satisfaction conjuGale et l’Engagement (PaSSAGE) a comme objectif principal d’étudier comment l’attachement, la sexualité et le soutien conjugal perçu interagissent pour prédire d’une part, les fluctuations quotidiennes dans la satisfaction et l’engagement conjugal et, d’autre part, la satisfaction et l’engagement à moyen terme chez les deux partenaires lors de la transition à la parentalité. Les résultats nous aideront à mieux intervenir auprès des couples vivant l’adaptation à la parentalité.

Notre équipe est composée de chercheurs-es provenant de l’Université de Montréal (Katherine Péloquin), de l’Université de Sherbrooke (Anne Brault-Labbé et Patrick Gosselin) et de l’Université d’Ottawa (Marie-France Lafontaine).

Saviez-vous que des difficultés d'intimité pourraient être l’un des facteurs expliquant que la maltraitance en enfance soit associée à davantage d'insatisfactions sexuelles et conjugales?

La maltraitance en enfance, qui englobe toutes les formes d’abus et de négligence autant physique, psychologique que sexuel, touche 40% des adultes de la population générale. Une fois à l’âge adulte, la maltraitance vécue en enfance peut affecter le fonctionnement des relations de couples de diverses manières et plusieurs études ont démontré que la maltraitance en enfance est associée à une plus faible satisfaction conjugale et sexuelle.

Une étude récente menée dans notre laboratoire s’est penchée sur ce qui pourrait expliquer le lien entre la maltraitance durant l’enfance et le développement d’insatisfactions conjugales et sexuelles. Dans cette étude, nous voulions savoir si des difficultés dans certaines composantes de l’intimité pourraient expliquer l’association entre la maltraitance en enfance et la satisfaction conjugale et sexuelle.

Pour répondre à cette question, nous avons recruté 365 couples dans la communauté pour une étude longitudinale dans laquelle la maltraitance en enfance et l’intimité ont été mesurées au temps 1 et la satisfaction conjugale et sexuelle 6 mois plus tard.

Qu’avons-nous trouvé?

Nos résultats confirment les résultats des études antérieures, car il ne semble pas y avoir d’association entre les expériences de maltraitance en enfance et la capacité à se dévoiler à un partenaire amoureux en termes de quantité de dévoilement.

Ce qui est intéressant, c’est que les victimes de maltraitance en enfance perçoivent que leur partenaire se dévoile moins et que ses réponses sont moins empathiques. On observe également que c’est cet effet sur la perception des réponses empathiques du partenaire qui explique les insatisfactions conjugales et sexuelles 6 mois plus tard.

Nos résultats suggèrent l’application d’interventions de couple qui visent spécifiquement l’intimité, mais surtout les réponses empathiques pour améliorer les relations de couples au sein desquels un ou les deux partenaires ont vécu de la maltraitance en enfance.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

Vaillancourt-Morel, M.-P., Rellini, A. H., Godbout, N., Sabourin, S., & Bergeron, S. (2019). Intimacy mediates the relation between maltreatment in childhood and sexual and relationship satisfaction in Adulthood: A dyadic longitudinal analysis. Archives of Sexual Behavior, 48(3), 803-814. doi: 10.1007/s10508-018-1309-1

Connaissez-vous les risques de dévoiler une agression sexuelle à l’enfance à un partenaire amoureux?

Disclosing Laurence FR

Quels impacts peuvent avoir le dévoilement d’une agression sexuelle à un partenaire sur le couple?

Les mouvements de dénonciation d’agressions sexuelles des dernières années ont suscité des questionnements au sein de nombreux couples. Qu’arrive-t-il aux couples dont l’un des partenaires dévoile un historique d’agression sexuelle? Des chercheures de l’équipe SCOUP se sont récemment penchées sur cette question, plus spécifiquement lorsque le dévoilement concerne une agression sexuelle vécue durant l’enfance. Nous visions à documenter les réponses reçues du partenaire lors du dévoilement d’une agression sexuelle à l’enfance, telles que perçues par le(la) survivant(e), ainsi qu’à examiner les associations entre ces réponses et la satisfaction sexuelle et relationnelle des deux partenaires. Pour ce faire, 70 couples de la population générale dont l’un des deux partenaires avait vécu ce trauma dévoilé à leur conjoint/e, ont complété des questionnaires en ligne.

Qu’avons-nous trouvé?

Nous avons répertorié majoritairement que les réponses des partenaires étaient perçues par les survivant(e)s comme étant soutenantes, c’est-à-dire qu’elles démontraient du soutien émotionnel (94,3%) ou de l’aide tangible (67,1%). Une minorité de survivant(e)s avait perçu des réponses nuisibles, comme la stigmatisation (41,4%) et le blâme (14,3%). Nous avons toutefois noté que pour la moitié des survivants, les réponses aidantes avaient été accompagnées de réponses de blâme et/ou de stigmatisation.

De plus, les analyses ont révélé que les réponses de soutien émotionnel, telles que perçues par le(la) survivant(e), étaient associées à une plus grande satisfaction sexuelle chez les deux partenaires, alors que les réponses stigmatisantes étaient associées à une satisfaction conjugale plus faible chez les deux partenaires.

Ces résultats suggèrent que les survivant(e)s peuvent recevoir des réponses à la fois aidantes et nuisibles de la part de leur partenaire. Le soutien émotionnel semble avoir un impact positif sur la satisfaction sexuelle des deux partenaires, alors que la stigmatisation aurait un impact négatif sur la satisfaction conjugale des deux partenaires. Ainsi, les réponses de soutien seraient bénéfiques non seulement pour les survivant(e)s ayant dévoilé un abus sexuel, mais également pour leurs partenaires.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

de Montigny Gauthier, L., Vaillancourt-Morel, M.P., Rellini, A., Godbout, N., Charbonneau-Lefebvre, V., Desjardins, F., & Bergeron, S. (2018). The risks of telling: A dyadic perspective on romantic partners’ responses to child sexual abuse disclosures and their associations with sexual and relationship satisfaction. Journal of Marital and Family Therapy. doi: 10.1111/jmft.12345

Est-ce toujours problématique d’utiliser de la pornographie en ligne?

Bannire Porno FR

Même si les effets de l’utilisation de la pornographie sur Internet sont mitigés, c’est une activité sexuelle commune pour un nombre grandissant d’individus. Mais est-ce que la pornographie est une activité sexuelle problématique pour tous? Une étude récente, menée par des chercheures de l’équipe SCOUP, s’est intéressée à la présence de différents profils d’utilisation de la pornographie. Les profils ont été créés en utilisant trois dimensions d’une utilisation problématique: 1) l’utilisation compulsive, 2) l’intensité des efforts déployés pour accéder à la pornographie et 3) la détresse émotionnelle associée à l’utilisation. Nos chercheures ont également examiné les associations entre les profils obtenus et le temps d’utilisation de la pornographie ainsi que divers indicateurs du bien-être sexuel. Pour répondre aux questions de recherche, un échantillon de 830 adultes de la population générale a été recruté afin de répondre à des questionnaires en ligne.

Qu’avons-nous trouvé ?

Les résultats suggèrent la présence des trois profils suivants: (1) le profil récréatif, présentant de faibles scores sur les trois dimensions d’une utilisation problématique et regroupant 75% de l’échantillon, (2) le profil avec détresse élevée et non-compulsif, rapportant des scores élevés pour la détresse émotionnelle et regroupant 13% de l’échantillon, et (3) le profil compulsif, rapportant de scores élevés sur la compulsion et sur l’intensité des efforts déployés pour accéder à la pornographie et regroupant 12% de l’échantillon. Seulement les individus du profil compulsif rapportent utiliser la pornographie significativement plus souvent que les individus des deux autres profils. Les individus du profil récréatif ne rapportent pas d’effets négatifs sur leur bien-être sexuel tandis que ceux du profil en détresse non-compulsif et ceux du profil compulsif rapportent des effets négatifs sur plusieurs indicateurs de leur bien-être sexuel.
Ces profils permettent de mettre en lumière que l’utilisation de pornographie n’est pas problématique pour la majorité des individus, mais qu’elle peut le devenir pour un quart des gens tout en étant associée à des effets néfastes sur leur sexualité.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

Vaillancourt-Morel, M.-P., Blais-Lecours, S., Labadie, C., Bergeron, S., Sabourin, S., & Godbout, N. (2017). Profiles of cyberpornography use and sexual well-being in adults. The Journal of Sexual Medicine, 14, 78-85. doi: 10.1016/j.jsxm.2016.10.016


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