Laboratoire d'étude
de la santé sexuelle

Sophie Bergeron  Ph.D

Nouvelles SCOUP

Obtention d’une subvention CRSH portant sur le bien-être conjugal et sexuel des couples lors de la transition à la parentalité

Audrey Brassard (Université de Sherbrooke), chercheuse principale sur le projet, a obtenu une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), afin de mener une étude longitudinale auprès de 150 couples canadiens attendant l’arrivée de leur premier enfant.

L’étude sur la transition à la Parentalité : le Soutien, la Sexualité, l’Attachement, la satisfaction conjuGale et l’Engagement (PaSSAGE) a comme objectif principal d’étudier comment l’attachement, la sexualité et le soutien conjugal perçu interagissent pour prédire d’une part, les fluctuations quotidiennes dans la satisfaction et l’engagement conjugal et, d’autre part, la satisfaction et l’engagement à moyen terme chez les deux partenaires lors de la transition à la parentalité. Les résultats nous aideront à mieux intervenir auprès des couples vivant l’adaptation à la parentalité.

Notre équipe est composée de chercheurs-es provenant de l’Université de Montréal (Katherine Péloquin), de l’Université de Sherbrooke (Anne Brault-Labbé et Patrick Gosselin) et de l’Université d’Ottawa (Marie-France Lafontaine).

Saviez-vous que des difficultés d'intimité pourraient être l’un des facteurs expliquant que la maltraitance en enfance soit associée à davantage d'insatisfactions sexuelles et conjugales?

La maltraitance en enfance, qui englobe toutes les formes d’abus et de négligence autant physique, psychologique que sexuel, touche 40% des adultes de la population générale. Une fois à l’âge adulte, la maltraitance vécue en enfance peut affecter le fonctionnement des relations de couples de diverses manières et plusieurs études ont démontré que la maltraitance en enfance est associée à une plus faible satisfaction conjugale et sexuelle.

Une étude récente menée dans notre laboratoire s’est penchée sur ce qui pourrait expliquer le lien entre la maltraitance durant l’enfance et le développement d’insatisfactions conjugales et sexuelles. Dans cette étude, nous voulions savoir si des difficultés dans certaines composantes de l’intimité pourraient expliquer l’association entre la maltraitance en enfance et la satisfaction conjugale et sexuelle.

Pour répondre à cette question, nous avons recruté 365 couples dans la communauté pour une étude longitudinale dans laquelle la maltraitance en enfance et l’intimité ont été mesurées au temps 1 et la satisfaction conjugale et sexuelle 6 mois plus tard.

Qu’avons-nous trouvé?

Nos résultats confirment les résultats des études antérieures, car il ne semble pas y avoir d’association entre les expériences de maltraitance en enfance et la capacité à se dévoiler à un partenaire amoureux en termes de quantité de dévoilement.

Ce qui est intéressant, c’est que les victimes de maltraitance en enfance perçoivent que leur partenaire se dévoile moins et que ses réponses sont moins empathiques. On observe également que c’est cet effet sur la perception des réponses empathiques du partenaire qui explique les insatisfactions conjugales et sexuelles 6 mois plus tard.

Nos résultats suggèrent l’application d’interventions de couple qui visent spécifiquement l’intimité, mais surtout les réponses empathiques pour améliorer les relations de couples au sein desquels un ou les deux partenaires ont vécu de la maltraitance en enfance.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

Vaillancourt-Morel, M.-P., Rellini, A. H., Godbout, N., Sabourin, S., & Bergeron, S. (2018). Intimacy mediates the relation between maltreatment in childhood and sexual and relationship satisfaction in Adulthood: A dyadic longitudinal analysis. Archives of Sexual Behavior. doi: 10.1007/s10508-018-1309-1

Connaissez-vous les risques de dévoiler une agression sexuelle à l’enfance à un partenaire amoureux?

Quels impacts peuvent avoir le dévoilement d’une agression sexuelle à un partenaire sur le couple?

Les mouvements de dénonciation d’agressions sexuelles des dernières années ont suscité des questionnements au sein de nombreux couples. Qu’arrive-t-il aux couples dont l’un des partenaires dévoile un historique d’agression sexuelle? Des chercheures de l’équipe SCOUP se sont récemment penchées sur cette question, plus spécifiquement lorsque le dévoilement concerne une agression sexuelle vécue durant l’enfance. Nous visions à documenter les réponses reçues du partenaire lors du dévoilement d’une agression sexuelle à l’enfance, telles que perçues par le(la) survivant(e), ainsi qu’à examiner les associations entre ces réponses et la satisfaction sexuelle et relationnelle des deux partenaires. Pour ce faire, 70 couples de la population générale dont l’un des deux partenaires avait vécu ce trauma dévoilé à leur conjoint/e, ont complété des questionnaires en ligne.

Qu’avons-nous trouvé?

Nous avons répertorié majoritairement que les réponses des partenaires étaient perçues par les survivant(e)s comme étant soutenantes, c’est-à-dire qu’elles démontraient du soutien émotionnel (94,3%) ou de l’aide tangible (67,1%). Une minorité de survivant(e)s avait perçu des réponses nuisibles, comme la stigmatisation (41,4%) et le blâme (14,3%). Nous avons toutefois noté que pour la moitié des survivants, les réponses aidantes avaient été accompagnées de réponses de blâme et/ou de stigmatisation.

De plus, les analyses ont révélé que les réponses de soutien émotionnel, telles que perçues par le(la) survivant(e), étaient associées à une plus grande satisfaction sexuelle chez les deux partenaires, alors que les réponses stigmatisantes étaient associées à une satisfaction conjugale plus faible chez les deux partenaires.

Ces résultats suggèrent que les survivant(e)s peuvent recevoir des réponses à la fois aidantes et nuisibles de la part de leur partenaire. Le soutien émotionnel semble avoir un impact positif sur la satisfaction sexuelle des deux partenaires, alors que la stigmatisation aurait un impact négatif sur la satisfaction conjugale des deux partenaires. Ainsi, les réponses de soutien seraient bénéfiques non seulement pour les survivant(e)s ayant dévoilé un abus sexuel, mais également pour leurs partenaires.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

de Montigny Gauthier, L., Vaillancourt-Morel, M.P., Rellini, A., Godbout, N., Charbonneau-Lefebvre, V., Desjardins, F., & Bergeron, S. (2018). The risks of telling: A dyadic perspective on romantic partners’ responses to child sexual abuse disclosures and their associations with sexual and relationship satisfaction. Journal of Marital and Family Therapy. doi: 10.1111/jmft.12345

Est-ce toujours problématique d’utiliser de la pornographie en ligne?

Même si les effets de l’utilisation de la pornographie sur Internet sont mitigés, c’est une activité sexuelle commune pour un nombre grandissant d’individus. Mais est-ce que la pornographie est une activité sexuelle problématique pour tous? Une étude récente, menée par des chercheures de l’équipe SCOUP, s’est intéressée à la présence de différents profils d’utilisation de la pornographie. Les profils ont été créés en utilisant trois dimensions d’une utilisation problématique: 1) l’utilisation compulsive, 2) l’intensité des efforts déployés pour accéder à la pornographie et 3) la détresse émotionnelle associée à l’utilisation. Nos chercheures ont également examiné les associations entre les profils obtenus et le temps d’utilisation de la pornographie ainsi que divers indicateurs du bien-être sexuel. Pour répondre aux questions de recherche, un échantillon de 830 adultes de la population générale a été recruté afin de répondre à des questionnaires en ligne.

Qu’avons-nous trouvé ?

Les résultats suggèrent la présence des trois profils suivants: (1) le profil récréatif, présentant de faibles scores sur les trois dimensions d’une utilisation problématique et regroupant 75% de l’échantillon, (2) le profil avec détresse élevée et non-compulsif, rapportant des scores élevés pour la détresse émotionnelle et regroupant 13% de l’échantillon, et (3) le profil compulsif, rapportant de scores élevés sur la compulsion et sur l’intensité des efforts déployés pour accéder à la pornographie et regroupant 12% de l’échantillon. Seulement les individus du profil compulsif rapportent utiliser la pornographie significativement plus souvent que les individus des deux autres profils. Les individus du profil récréatif ne rapportent pas d’effets négatifs sur leur bien-être sexuel tandis que ceux du profil en détresse non-compulsif et ceux du profil compulsif rapportent des effets négatifs sur plusieurs indicateurs de leur bien-être sexuel.
Ces profils permettent de mettre en lumière que l’utilisation de pornographie n’est pas problématique pour la majorité des individus, mais qu’elle peut le devenir pour un quart des gens tout en étant associée à des effets néfastes sur leur sexualité.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

Vaillancourt-Morel, M.-P., Blais-Lecours, S., Labadie, C., Bergeron, S., Sabourin, S., & Godbout, N. (2017). Profiles of cyberpornography use and sexual well-being in adults. The Journal of Sexual Medicine, 14, 78-85. doi: 10.1016/j.jsxm.2016.10.016


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