Laboratoire d'étude
de la santé sexuelle

Sophie Bergeron  Ph.D

Nouvelles SCOUP

Saviez-vous que la présence attentive diminue la gravité des symptômes dépressifs pour les adultes consultant en sexologie clinique ayant vécu des expériences cumulées de traumas à l’enfance?

Une étude en cours menée par l’Unité de recherche et d’intervention sur le trauma et le couple (TRACE) dirigée par Natacha Godbout s’attarde aux réalités d’adultes qui consultent des stagiaires en sexologie clinique dans divers milieux de pratique à travers la province de Québec. Cet article explore le rôle de la pleine conscience et des symptômes dissociatifs dans le lien qui unit l'accumulation de traumas interpersonnels vécus à l'enfance et les symptômes dépressifs à l'âge adulte.

Un total de 234 adultes qui ont consulté un(e) stagiaire en sexologie clinique pour des difficultés sexuelles et/ou relationnelles ont complété des questionnaires au début de leur processus thérapeutique qui évaluaient leurs expériences de traumas à l’enfance, leur disposition à la présence attentive, les symptômes dissociatifs et dépressifs.

Qu'avons-nous trouvé?

Nous avons constaté un fort lien entre les expériences cumulées de traumas à l’enfance et les symptômes dépressifs à l'âge adulte, où les victimes de traumas cumulatifs ont rapporté davantage de symptômes dépressifs que les non-victimes. D’autre part, les résultats ont montré qu’un niveau plus élevé de symptômes dissociatifs et une plus faible disposition à la présence attentive constituaient tous deux des mécanismes expliquant le niveau accru de symptômes dépressifs chez les victimes de traumas cumulatifs. Ainsi, la présence attentive semble être une variable clé pour réduire les symptômes dépressifs.

En somme, nos résultats suggèrent que la présence attentive pourrait réduire les symptômes dépressifs d’individus consultant pour des difficultés sexuelles et/ou relationnelles, en particulier les personnes ayant vécu des expériences cumulées de trauma à l’enfance.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Bolduc, R., Bigras, N., Daspe, M. È., Hébert, M. et Godbout, N. (2018). Childhood cumulative trauma and depressive symptoms in adulthood: The role of mindfulness and dissociation. Mindfulness, 9(5), 1594-1603.

Saviez-vous que l'exposition précoce à la violence est liée à la violence envers un partenaire amoureux et à la satisfaction conjugale?

Une étude récente menée par Natacha Godbout et Marie-Ève Daspe, de l’équipe SCOUP, a examiné les associations entre l'exposition précoce à la violence familiale, la perpétration de la violence dans une relation de couple et la satisfaction conjugale. Ces associations ont été examinées au cours de la période critique de l'adolescence et du début de l’âge adulte, lors de laquelle l’individu forme sa première compréhension d'une relation amoureuse.

Cette étude a débuté au Temps 1 avec 1 252 adolescents ayant répondu à des questionnaires concernant l’exposition à la violence familiale, l’attachement insécurisant (c.-à-d., présence de crainte de l'abandon et d'évitement de l'intimité), la violence conjugale perpétrée et la satisfaction conjugale. Au Temps 2, trois ans plus tard, 234 participants ont répondu à un questionnaire de suivi.

Qu'avons-nous trouvé?

Nous avons constaté que l'exposition précoce à la violence familiale prédit la présence de violence conjugale dans les relations ultérieures de façon directe et indirecte. En effet, les participants exposés à la violence présentaient une plus grande peur de l'abandon et, en retour, un risque de violence conjugale plus élevé. Nos résultats ont également mis en évidence le fait que l'évitement de l'intimité était associé à une plus grande détresse dans les relations conjugales.

Nos résultats suggèrent que l'exposition précoce à la violence est un facteur important à prendre en compte pour les couples présentant de la violence conjugale. Les résultats soulignent également l'importance de cibler les insécurités d'attachement telles que la peur de l'abandon et l'évitement de l'intimité, afin d'aider les jeunes adultes à vivre des relations amoureuses plus satisfaisantes et sans violence.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Godbout, N., Daspe, M.-È., Lussier, Y., Sabourin, S., Dutton, D., et Hébert, M. (2017). Early exposure to violence, relationship violence, and relationship satisfaction in adolescents and emerging adults: The role of romantic attachment. Psychological Trauma: Theory, Research, Practice, and Policy, 9(2), 127-137. Epub 2016 http://dx.doi.org/10.1037/tra0000136

Saviez-vous que le genre affecte la manière dont la maltraitance parentale dans l'enfance contribue au développement de symptômes liés au trouble de personnalité limite?

Une étude récente menée par Natacha Godbout et Marie-Ève Daspe, de l’équipe SCOUP, en collaboration avec l’Université de Victoria, a examiné la maltraitance en enfance engendrée par les figures paternelles et maternelles, ainsi que la présence d’un attachement insécurisant (c.-à-d., présence de peur de l’abandon et/ou d'évitement de l'intimité) en relation avec les symptômes liés au trouble de personnalité limite (TPL).

954 participants adultes ont répondu à des sondages anonymes sur la maltraitance pendant l'enfance, l'attachement insécurisant et les symptômes de TPL.

Qu'avons-nous trouvé?

Nous avons constaté qu'il existe des différences entre la manière dont les expériences de maltraitances causées par le père ou la mère affectent les hommes et les femmes. Les deux sources de maltraitance étaient directement associées aux symptômes liés au TPL chez les femmes, alors que chez les hommes, seule la maltraitance de la part du père était directement liée aux symptômes de TPL. De plus, la maltraitance causée par le père était associée aux symptômes de TPL chez les femmes qui présentent une crainte de l'abandon, mais pas chez celles qui présentent de l'évitement de l'intimité. Enfin, la maltraitance causée par la mère était indirectement associée aux symptômes de TPL chez les hommes qui présentent une crainte de l'abandon, mais pas chez ceux qui présentent de l'évitement de l'intimité.

Nos résultats suggèrent que la maltraitance père – fille et mère – fils est un facteur prédictif des symptômes liés au TPL, à travers le développement d'un attachement insécurisant. Ces résultats soulignent l’importance d'adresser les traumatismes et l’attachement, ainsi que de considérer l'influence potentielle du genre dans les démarches thérapeutiques concernant les individus souffrant de symptômes liés au TPL.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Godbout, N., Daspe, M.-E., Runtz, M., Cyr, G., et Briere, J. (2019). Childhood maltreatment, attachment, and borderline personality-related symptoms: Gender-specific structural equation models. Psychological Trauma: Theory, Research, Practice, and Policy, 11(1), 90-98. Open access: http://dx.doi.org/10.1037/tra0000403

Saviez-vous que le blâme entraîne des effets sur les couples en traitement de fertilité?

Une récente étude réalisée par le laboratoire d’Étude du couple dirigé par Katherine Péloquin s’est intéressée au rôle de l'auto-blâme et du blâme envers le partenaire pour expliquer l'ajustement psychologique et relationnel chez les couples présentant un problème de fertilité. Cette étude a utilisé une approche dyadique pour explorer les liens entre le fait de se blâmer et le fait de blâmer son partenaire ainsi que les symptômes de dépression et d’anxiété, de même que la satisfaction conjugale. Au total, 279 couples ayant des problèmes de fertilité ont été recrutés par leur gynécologue lors de leur première visite dans deux cliniques de fertilité situées dans les environs de Montréal et ont été interrogés sur plusieurs facteurs, notamment dans quelle mesure ceux-ci se blâmaient ou blâmaient leur partenaire pour leurs difficultés à concevoir.

Qu’avons-nous trouvé?

Se sentir responsable : Les résultats démontrent que lorsque la personne se sent responsable (auto-blâme) des problèmes de fertilité du couple, elle rapporte davantage de symptômes de dépression et d’anxiété, de même que moins de satisfaction dans son couple.

De plus, lorsque la femme se sent responsable des problèmes de fertilité, son partenaire rapporte davantage de symptômes dépressifs et anxieux.

Blâmer son partenaire : Lorsque les femmes blâment leur partenaire pour l’infertilité du couple, elles ressentent plus de symptômes de dépression et d’anxiété, en plus d’être moins satisfaites dans leur relation de couple. Le fait de blâmer son partenaire peut entraîner une plus faible satisfaction conjugale chez ce dernier.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Péloquin, K., Brassard, A., Arpin, V., Sabourin, S., & Wright, J. (2018). Whose’ fault is it? Blame predicting psychological adjustment and couple satisfaction in couples seeking fertility treatment. Journal of Psychosomatic Obstetrics & Gynecology, 39(1), 64-72. doi:10.1080/0167482X.2017.1289369

Une nouvelle intervention de groupe destinée aux couples en traitement de fertilité serait efficace pour réduire le stress lié à l’infertilité.

Une récente recherche menée dans le Laboratoire d’étude du couple de Katherine Péloquin, en collaboration avec Audrey Brassard, s’est intéressée à l’efficacité que pourrait avoir une intervention de groupe destinée aux couples en traitement de fertilité. Nous voulions savoir si une intervention psychologique offerte sous forme de rencontres de groupe permettrait de réduire chez ces couples les impacts négatifs des traitements de fertilité, réduire les symptômes dépressifs et anxieux, puis augmenter la qualité de vie. Pour ce faire, 29 couples ont complété des questionnaires portant sur les conséquences psychologiques, conjugales et sexuelles des traitements de fertilité avant l’intervention de groupe et après celle-ci.

Qu’avons-nous trouvé?

Cette recherche soutient l’efficacité préliminaire de l’intervention pour…

• Réduire les symptômes d’anxiété et de dépression,
• Augmenter la qualité de vie, et
• Renforcer la relation de couple des hommes et des femmes qui y participent.

Nous poursuivons nos travaux pour établir l’efficacité de cette nouvelle intervention !

Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter l’article complet :

Arpin, V., Brassard, A., El Amiri, S. & Péloquin, K. (2019): Testing a New Group Intervention for Couples Seeking Fertility Treatment: Acceptability and Proof of Concept, Journal of Sex & Marital Therapy, https://doi.org/10.1080/0092623X.2018.1526836

Saviez-vous que l’attachement est lié au fonctionnement sexuel chez les couples en traitement de fertilité?

Il est maintenant reconnu que les difficultés sexuelles sont communes en contexte d’infertilité, mais les facteurs liés à ces difficultés demeurent méconnus. Une recherche menée dans le laboratoire de Katherine Péloquin s’est intéressée aux difficultés sexuelles chez les femmes et les couples en traitement de fertilité. Plus précisément, cette recherche s’est penchée sur les liens entre les insécurités d’attachement (d’abandon et d’évitement de l’intimité) chez les couples et leur fonctionnement sexuel (problèmes sexuels et insatisfaction sexuelle). Pour ce faire, 88 femmes et 45 couples en traitement de fertilité ont complété des questionnaires portant sur l’attachement et le fonctionnement sexuel adulte (désir, excitation, capacité d’érection/lubrification, orgasme, satisfaction et douleur sexuelle).

Qu’avons-nous trouvé?

Nous avons trouvé qu’un peu plus de la moitié des femmes vivraient des difficultés sexuelles (ex., faible désir, difficultés d’excitation, insatisfaction) pendant les traitements de fertilité alors que ce chiffre s’élève à un peu plus du quart chez les hommes.

Nos résultats montrent également que l’insécurité sur le plan de l’attachement est liée à la fonction sexuelle des hommes et des femmes. En effet, l’évitement de l’intimité chez la femme (inconfort dans l’intimité et distance émotionnelle) est associé à plus d’insatisfaction sexuelle et à la douleur pendant les relations sexuelles. Chez l’homme, l’anxiété d’abandon (doutes quant à sa valeur personnelle et peur d’être rejeté par sa partenaire) est liée à des difficultés érectiles et des difficultés à atteindre l’orgasme, alors que l’évitement de l’intimité est lié à des difficultés à atteindre l’orgasme chez sa conjointe.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

Purcell-Lévesque, C., Brassard, A., Carranza-Mamane, B., & Péloquin, K. (2019). Attachment and sexual functioning in women and men seeking fertility treatment. Journal of Psychosomatic Obstetrics & Gynecology, 40(3), 202-210. https://doi.org/10.1080/0167482X.2018.1471462.

Obtention d’une subvention CRSH portant sur le bien-être conjugal et sexuel des couples lors de la transition à la parentalité

Audrey Brassard (Université de Sherbrooke), chercheuse principale sur le projet, a obtenu une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), afin de mener une étude longitudinale auprès de 150 couples canadiens attendant l’arrivée de leur premier enfant.

L’étude sur la transition à la Parentalité : le Soutien, la Sexualité, l’Attachement, la satisfaction conjuGale et l’Engagement (PaSSAGE) a comme objectif principal d’étudier comment l’attachement, la sexualité et le soutien conjugal perçu interagissent pour prédire d’une part, les fluctuations quotidiennes dans la satisfaction et l’engagement conjugal et, d’autre part, la satisfaction et l’engagement à moyen terme chez les deux partenaires lors de la transition à la parentalité. Les résultats nous aideront à mieux intervenir auprès des couples vivant l’adaptation à la parentalité.

Notre équipe est composée de chercheurs-es provenant de l’Université de Montréal (Katherine Péloquin), de l’Université de Sherbrooke (Anne Brault-Labbé et Patrick Gosselin) et de l’Université d’Ottawa (Marie-France Lafontaine).

Saviez-vous que des difficultés d'intimité pourraient être l’un des facteurs expliquant que la maltraitance en enfance soit associée à davantage d'insatisfactions sexuelles et conjugales?

La maltraitance en enfance, qui englobe toutes les formes d’abus et de négligence autant physique, psychologique que sexuel, touche 40% des adultes de la population générale. Une fois à l’âge adulte, la maltraitance vécue en enfance peut affecter le fonctionnement des relations de couples de diverses manières et plusieurs études ont démontré que la maltraitance en enfance est associée à une plus faible satisfaction conjugale et sexuelle.

Une étude récente menée dans notre laboratoire s’est penchée sur ce qui pourrait expliquer le lien entre la maltraitance durant l’enfance et le développement d’insatisfactions conjugales et sexuelles. Dans cette étude, nous voulions savoir si des difficultés dans certaines composantes de l’intimité pourraient expliquer l’association entre la maltraitance en enfance et la satisfaction conjugale et sexuelle.

Pour répondre à cette question, nous avons recruté 365 couples dans la communauté pour une étude longitudinale dans laquelle la maltraitance en enfance et l’intimité ont été mesurées au temps 1 et la satisfaction conjugale et sexuelle 6 mois plus tard.

Qu’avons-nous trouvé?

Nos résultats confirment les résultats des études antérieures, car il ne semble pas y avoir d’association entre les expériences de maltraitance en enfance et la capacité à se dévoiler à un partenaire amoureux en termes de quantité de dévoilement.

Ce qui est intéressant, c’est que les victimes de maltraitance en enfance perçoivent que leur partenaire se dévoile moins et que ses réponses sont moins empathiques. On observe également que c’est cet effet sur la perception des réponses empathiques du partenaire qui explique les insatisfactions conjugales et sexuelles 6 mois plus tard.

Nos résultats suggèrent l’application d’interventions de couple qui visent spécifiquement l’intimité, mais surtout les réponses empathiques pour améliorer les relations de couples au sein desquels un ou les deux partenaires ont vécu de la maltraitance en enfance.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

Vaillancourt-Morel, M.-P., Rellini, A. H., Godbout, N., Sabourin, S., & Bergeron, S. (2019). Intimacy mediates the relation between maltreatment in childhood and sexual and relationship satisfaction in Adulthood: A dyadic longitudinal analysis. Archives of Sexual Behavior, 48(3), 803-814. doi: 10.1007/s10508-018-1309-1

Connaissez-vous les risques de dévoiler une agression sexuelle à l’enfance à un partenaire amoureux?

Quels impacts peuvent avoir le dévoilement d’une agression sexuelle à un partenaire sur le couple?

Les mouvements de dénonciation d’agressions sexuelles des dernières années ont suscité des questionnements au sein de nombreux couples. Qu’arrive-t-il aux couples dont l’un des partenaires dévoile un historique d’agression sexuelle? Des chercheures de l’équipe SCOUP se sont récemment penchées sur cette question, plus spécifiquement lorsque le dévoilement concerne une agression sexuelle vécue durant l’enfance. Nous visions à documenter les réponses reçues du partenaire lors du dévoilement d’une agression sexuelle à l’enfance, telles que perçues par le(la) survivant(e), ainsi qu’à examiner les associations entre ces réponses et la satisfaction sexuelle et relationnelle des deux partenaires. Pour ce faire, 70 couples de la population générale dont l’un des deux partenaires avait vécu ce trauma dévoilé à leur conjoint/e, ont complété des questionnaires en ligne.

Qu’avons-nous trouvé?

Nous avons répertorié majoritairement que les réponses des partenaires étaient perçues par les survivant(e)s comme étant soutenantes, c’est-à-dire qu’elles démontraient du soutien émotionnel (94,3%) ou de l’aide tangible (67,1%). Une minorité de survivant(e)s avait perçu des réponses nuisibles, comme la stigmatisation (41,4%) et le blâme (14,3%). Nous avons toutefois noté que pour la moitié des survivants, les réponses aidantes avaient été accompagnées de réponses de blâme et/ou de stigmatisation.

De plus, les analyses ont révélé que les réponses de soutien émotionnel, telles que perçues par le(la) survivant(e), étaient associées à une plus grande satisfaction sexuelle chez les deux partenaires, alors que les réponses stigmatisantes étaient associées à une satisfaction conjugale plus faible chez les deux partenaires.

Ces résultats suggèrent que les survivant(e)s peuvent recevoir des réponses à la fois aidantes et nuisibles de la part de leur partenaire. Le soutien émotionnel semble avoir un impact positif sur la satisfaction sexuelle des deux partenaires, alors que la stigmatisation aurait un impact négatif sur la satisfaction conjugale des deux partenaires. Ainsi, les réponses de soutien seraient bénéfiques non seulement pour les survivant(e)s ayant dévoilé un abus sexuel, mais également pour leurs partenaires.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

de Montigny Gauthier, L., Vaillancourt-Morel, M.P., Rellini, A., Godbout, N., Charbonneau-Lefebvre, V., Desjardins, F., & Bergeron, S. (2018). The risks of telling: A dyadic perspective on romantic partners’ responses to child sexual abuse disclosures and their associations with sexual and relationship satisfaction. Journal of Marital and Family Therapy. doi: 10.1111/jmft.12345

Est-ce toujours problématique d’utiliser de la pornographie en ligne?

Même si les effets de l’utilisation de la pornographie sur Internet sont mitigés, c’est une activité sexuelle commune pour un nombre grandissant d’individus. Mais est-ce que la pornographie est une activité sexuelle problématique pour tous? Une étude récente, menée par des chercheures de l’équipe SCOUP, s’est intéressée à la présence de différents profils d’utilisation de la pornographie. Les profils ont été créés en utilisant trois dimensions d’une utilisation problématique: 1) l’utilisation compulsive, 2) l’intensité des efforts déployés pour accéder à la pornographie et 3) la détresse émotionnelle associée à l’utilisation. Nos chercheures ont également examiné les associations entre les profils obtenus et le temps d’utilisation de la pornographie ainsi que divers indicateurs du bien-être sexuel. Pour répondre aux questions de recherche, un échantillon de 830 adultes de la population générale a été recruté afin de répondre à des questionnaires en ligne.

Qu’avons-nous trouvé ?

Les résultats suggèrent la présence des trois profils suivants: (1) le profil récréatif, présentant de faibles scores sur les trois dimensions d’une utilisation problématique et regroupant 75% de l’échantillon, (2) le profil avec détresse élevée et non-compulsif, rapportant des scores élevés pour la détresse émotionnelle et regroupant 13% de l’échantillon, et (3) le profil compulsif, rapportant de scores élevés sur la compulsion et sur l’intensité des efforts déployés pour accéder à la pornographie et regroupant 12% de l’échantillon. Seulement les individus du profil compulsif rapportent utiliser la pornographie significativement plus souvent que les individus des deux autres profils. Les individus du profil récréatif ne rapportent pas d’effets négatifs sur leur bien-être sexuel tandis que ceux du profil en détresse non-compulsif et ceux du profil compulsif rapportent des effets négatifs sur plusieurs indicateurs de leur bien-être sexuel.
Ces profils permettent de mettre en lumière que l’utilisation de pornographie n’est pas problématique pour la majorité des individus, mais qu’elle peut le devenir pour un quart des gens tout en étant associée à des effets néfastes sur leur sexualité.

Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter l’article complet:

Vaillancourt-Morel, M.-P., Blais-Lecours, S., Labadie, C., Bergeron, S., Sabourin, S., & Godbout, N. (2017). Profiles of cyberpornography use and sexual well-being in adults. The Journal of Sexual Medicine, 14, 78-85. doi: 10.1016/j.jsxm.2016.10.016


Bannière de logos

 

 

Admin