ÉQUIPE SCOUP 
Sexualité et Couple

Sophie Bergeron  Ph.D

Nouvelles SCOUP

Saviez-vous que plus de 60% des adolescents ont déjà eu leur première expérience avec la pornographie à l'âge de 14 ans?

Une étude récente menée dans notre laboratoire a examiné les caractéristiques de l'utilisation de la pornographie chez des adolescents hétérosexuels, cisgenres (HC) et chez des adolescents de minorités sexuelles et de genre (MSG). Cette étude a été menée dans le cadre d'une étude longitudinale bicentrique canadienne, portant sur la santé sexuelle des adolescents et financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (chercheurs principaux : Dre Bergeron et Dre Dion).

La facilité d'accès à la pornographie a rendu son utilisation courante chez les adolescents. Bien que les adolescents de MSG soient plus enclins à utiliser la pornographie pour rechercher des informations liées à l'orientation sexuelle ou en raison de la rareté des partenaires romantiques ou sexuels potentiels, on a relativement peu prêté attention aux caractéristiques de leur utilisation de pornographie. Dans cette étude, nous avons examiné et comparé l'utilisation de la pornographie chez les adolescents de MSG et les adolescents HC au cours de leur vie, leur âge lors de leur première utilisation de pornographie et leur fréquence d'utilisation de pornographie au cours des trois derniers mois. Nous avons travaillé avec plus de 2800 adolescents en neuvième année (secondaire 3). Nous leur avons demandé de remplir un questionnaire anonyme sur leur santé sexuelle, comprenant des questions sur leur utilisation de pornographie.

Qu’avons-nous trouvé?

Selon nos résultats, 88 % des garçons HC, 78 % des garçons de MSG, 54 % des filles de MSG, 39 % des filles HC et 29 % des individus non binaires de MSG ont déclaré avoir déjà regardé de la pornographie avant l'âge de 14 ans. Les filles de MSG ont indiqué un âge considérablement plus jeune lors de leur première utilisation de pornographie (12,3 ans en moyenne) que les filles HC (12,9 ans en moyenne). Cependant, cette différence n'était pas significative chez les garçons, car ils ont commencé à regarder de la pornographie à l'âge de 11,6 et 11,9 ans en moyenne. Les garçons de MSG ont déclaré la plus grande fréquence d'utilisation de pornographie, avec une utilisation de plusieurs fois par semaine. En revanche, les filles HC ont déclaré la plus faible fréquence de consommation de pornographie, avec une utilisation inférieure à une fois par mois.

En résumé, environ deux tiers des adolescents ont acquis leur première expérience avec la pornographie avant l'âge de 14 ans et 52 % ont déclaré l'avoir utilisée une fois par semaine ou plus au cours des trois derniers mois. Ces résultats nous indiquent que l’utilisation de la pornographie pourrait jouer un rôle important dans le développement sexuel des adolescents HC et de MSG. Les caractéristiques d'utilisation de pornographie par les garçons HC et de MSG présentent des similitudes, tandis que les habitudes de consommation des filles HC et de MSG présentent certaines différences. Les différences entre les genres en ce qui concerne l'utilisation de la pornographie semblent être robustes, et ce, quel que soit le statut de MSG. De plus, nos conclusions suggèrent que les informations sur la sexualité normative des personnes de MSG peuvent être insuffisantes dans les programmes d'éducation sexuelle actuels; par conséquent, les adolescents de MSG peuvent essayer de trouver des informations dans du matériel pornographique.

Pour plus de détails, nous vous invitons à lire l’article complet :

Bőthe, B., Vaillancourt-Morel, M. P., Girouard, A., Štulhofer, A., Dion, J., & Bergeron, S. (2020). A Large-Scale Comparison of Canadian Sexual/Gender Minority and Heterosexual, Cisgender Adolescents’ Pornography Use Characteristics. Journal of Sexual Medicine, 17(6), 1156-1167. https://doi.org/10.1016/j.jsxm.2020.02.009

Financement : Ce travail a été financé par une bourse postdoctorale de l'Équipe SCOUP - Sexualité et Couples - Fonds de recherche du Québec, Société et Culture, accordée à B. Bőthe et par une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada accordée à S. Bergeron et J. Dion.

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