Laboratoire d'étude
de la santé sexuelle

Sophie Bergeron  Ph.D

Nouvelles

Saviez-vous que l'anxiété pourrait être un des facteurs expliquant que les adolescentes victimes d'agression sexuelle sont plus à risque de développer de la douleur lors des relations sexuelles?

Une étude récente menée dans notre laboratoire s’est penchée sur ce qui pourrait expliquer le lien entre l’agression sexuelle durant l’enfance et le développement de douleur lors des relations sexuelles. En effet, le fait d’avoir été victime d’agression sexuelle serait un des facteurs augmentant le risque de développer ce type de douleur chronique, mais nous en savons très peu sur ce qui pourrait expliquer cette association. Dans cette étude, nous voulions savoir si des niveaux plus élevés d’anxiété chez les femmes ayant été victimes d’agression sexuelle pourraient expliquer leur plus grande propension à avoir de la douleur durant les relations sexuelles. Pour répondre à cette question, nous avons recruté 218 adolescentes actives sexuellement qui ont répondu à des questionnaires portant notamment sur l’anxiété, la douleur lors des relations sexuelles et l’historique d’abus sexuel. Ces adolescentes provenaient de 7 écoles secondaires de Montréal et des environs.

Qu’avons-nous trouvé?

Les résultats démontrent que les adolescentes ayant été abusées sexuellement en enfance rapportaient davantage d’anxiété. De plus des niveaux plus élevés d’anxiété augmentaient leur risque de rapporter de la douleur lors des relations sexuelles. Ainsi, les résultats de cette étude suggèrent que l’anxiété pourrait être l’un des mécanismes par lequel l’abus sexuel en enfance mène à un risque plus élevé de développer de la douleur lors des relations sexuelles.

Sur le plan clinique, cette étude soutient l’importance pour les professionnels de la santé d’être conscient qu’un historique d’abus sexuel peut contribuer au développement de cette forme de douleur ayant un impact significatif sur la vie sexuelle en développement des adolescentes. De plus, des interventions ciblant spécifiquement l’anxiété pourraient être une avenue intéressante pour aider ces adolescentes.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter l’article complet:

Santerre-Baillargeon, M., Vézina-Gagnon, P., Daigneault, I., Landry, T., & Bergeron, S. (2017). Anxiety mediates the relation between childhood sexual abuse and genito-pelvic pain in adolescent girls. Journal of Sex & Marital Therapy, 43(8), 774-785. doi: 10.1080/0092623X.2016.1266539

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