Laboratoire d'étude
de la santé sexuelle

Sophie Bergeron  Ph.D

Nouvelles

Saviez-vous que les symptômes dépressifs et l’anxiété d’abandon jouent un rôle dans l’intimité des couples dont la femme souffre de douleur génito-pelvienne?

Ce type de douleur chronique chez la femme, dont la forme la plus commune se nomme la Vestibulodynie Provoquée (VP), est associé à une gamme de conséquences psychologiques, sexuelles et relationnelles qui sont parfois plus dommageables que la douleur elle-même. Les études menées auprès de ces couples démontrent les bienfaits de l’intimité (les réponses empathiques des partenaires) sur les plans relationnel et sexuel. Autrement dit, le fait de se sentir entendu(e), validé(e) et soutenu(e) par le partenaire amoureux a été associé à des répercussions positives sur le couple et la sexualité (p. ex., moins de détresse sexuelle et une meilleure satisfaction conjugale).

Nous voulions donc savoir ce qui est associé à la capacité de percevoir et d’émettre des réponses empathiques envers le partenaire amoureux au sein de cette population. Sachant que les femmes souffrant de ce type de douleur rapportent bien souvent une certaine crainte de perdre leur partenaire (attachement insécure) et que les deux membres du couple rapportent généralement davantage de symptômes dépressifs, il nous paraissait primordial d’examiner ces facteurs. Le but de cette étude était donc d’examiner les associations entre les symptômes dépressifs, l’attachement insécure et les réponses empathiques perçues et émises des deux membres du couple. Pour ce faire, 50 couples dont la femme souffre de VP ont pris part à une discussion filmée sur l’impact de la VP dans leur vie et ont complété des questionnaires.

Qu’avons-nous trouvé?

Lorsque les femmes et les partenaires rapportaient davantage de symptômes dépressifs et d’anxiété d’abandon, ils se percevaient mutuellement comme étant moins empathiques. Lorsque les partenaires rapportaient davantage de symptômes dépressifs, les femmes et les partenaires émettaient moins de réponses empathiques.

Autrement dit, les comportements que l’on pourrait classer objectivement comme ayant été empathiques peuvent ne pas être perçus comme tels par chaque membre du couple en raison de symptômes dépressifs et de la crainte de perdre le partenaire. Cibler ces facteurs en thérapie conjugale, ou en être du moins conscient, pourrait augmenter la perception des réponses empathiques du partenaire. En retour, cela pourrait améliorer la vie sexuelle et relationnelle de ces couples aux prises avec ce type de douleur, sachant le rôle important que joue l’intimité pour ces derniers. De plus, les résultats suggèrent que les symptômes dépressifs des partenaires pourraient interférer avec la capacité des deux membres du couple à être empathique l’un envers l’autre. Ainsi, bien que les femmes portent le lourd fardeau de la douleur, les cliniciens ne doivent pas sous-estimer la présence de symptômes dépressifs chez leur partenaire.

Pour plus de détails nous vous invitons à consulter l’article complet:

Bosisio, M., Pâquet, M., Bois, K., Rosen, N.O. et Bergeron, S. (2019). Are depressive symptoms and attachment styles associated with observed and perceived partner responsiveness in couples coping with genito-pelvic pain? Journal of Sex Research, 1-11. doi: 10.1080/00224499.2019.1610691

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